Un festival de papier

Comme dit si bien Verlaine

au vent mauvais

Étrange comme subitement l’histoire se réinterprète (et non se réécrit !) après un coup de massue : annulation de Faits d’hiver 2021. Nous avions eu la chance de connaître une édition du festival en 2020. Cet événement passé (logique mais heureux) n’avait plus la même saveur en ce jour de janvier 2021 1  où il a été décidé de saborder l’édition promise – chlac, aïe, badaboum –. Pourtant, ce qui s’annonçait dans la 23e édition méritait d’être. Et une chose avérée, reconnue, nommée, peut s’en aller, disparaître, s’offrir aux souvenirs.

L’idée d’Un festival de papier apparaît le lendemain de l’annulation. Se résoudre à trancher s’éclaire finalement par la situation et l’indécision générale. Par contre, se résoudre à effacer ne s’entend pas.

Que faire ? Témoigner, simplement dire, dans l’état très parcellaire des connaissances à disposition puisque Faits d’hiver est avant tout un festival de créations. Un abîme s’ouvre alors : parler de projets artistiques non créés dans un festival annulé ! Une myriade de questions dévoile l’équation bancale formulée. Que dire ? Comment ? Pour qui ? Car le vide, après la sentence, se remplit très vite : séances professionnelles, reports…

Ce que vous allez lire ci-après possède un statut bizarre. Les textes écrits après les séances professionnelles ne sont pas des critiques parce que ces séances ne sont pas des créations et qu’il n’y a pas de public. D’autres sont de pures extrapolations de projets de papier, d’autres encore des entretiens romancés.

Ces précisions méthodologiques ne sont pas sans valeur. Car les temps sont floutés, les repères érodés, l’attente pointue et la tristesse aux bords des corps. Chacun cherche à sauver ce qu’il a à perdre. Une saison. Une production. Des collaborations. Des revenus. De l’énergie. Du désir. Les autres. Les pots de fin de soirée. Les avis divergent. Les rendez-vous s’annulent et l’écran brille. Mais il fait mal aux yeux.

Un festival de papier ne va pas combler les frustrations et les déceptions. Au moins permettra-t-il de solidifier un lien. Entre nous. Public, artistes, lieux de diffusion. Il marque aussi le choix de ne pas reporter l’édition à l’année prochaine et de ne pas retransmettre via le net certains spectacles. Spectacle vivant : spectacle entre vivants dans un même espace et temps. Respectons ce que nous sommes.

L’annulation d’un festival n’est rien d’autre qu’un fait divers 2. Parmi tant d’autres. Le choix de l’édition s’arrime également pour nous dans le projet général de micadanses qui a déjà publié une dizaine d’ouvrages 3. Cette fois-ci, deux versions seront disponibles : l’une numérique avec des enrichissements spécifiques (documentaire, teasers, etc.) et l’autre papier, bien sûr.

Un festival est toujours, à une étape de sa genèse, de papier, de dossiers, de tableaux, de programmes.Il est étrangement d’abord écrit. Comme un tirage de tarots existentiel. Nous nous livrons à ces mots qui tentent de faire exister vaille que vaille des intentions, des intuitions, des sentiments et émotions, des danses.

Un festival de papier est une chorégraphie de mots.

Christophe Martin

1. Sans oublier Bien fait ! en septembre à micadanses.
2. Inévitable…
3. Disponibles sur demande à micadanses, qui a aussi créé en collaboration avec la Biennale du Val-de-Marne,

la Journée de l’édition en danse et le site éditiondanse.com. Une nouvelle collection « L’OEuvre dansée » pointe son nez en septembre 2021.

Entretien
avec Christophe Martin

directeur du Festival Faits d’hiver et de micadanses

«  La danse pense avec le cœur. Pas besoin de comprendre, mais juste se laisser aller  »

lire la suite

And since it s allnatural you can celebrex 200 mg info order Yerba Diet..

FAITS D’HIVER 2021, C’EST

Créations

Compagnies

Représentations

Lieux