24>29 janvier – 21h
(relâche le 27)
Théâtre de la Cité internationale
Mark Tompkins
Opening Night, a vaudeville
Les chorégraphes
Gabriel Hernández
Mark Tompkins
Julie Bougard
Camille Ollagnier
AragoRn Boulanger
Tatiana Julien
Prue Lang
Tal Beit Halachmi
Matthew Day
Sandra Parker
Pieter Ampe & Guilherme Garrido
« Ici, c’est autre chose que loin,
c’est ailleurs »...
nous susurre Jean Giono, en grand écrivain du pays profond, là où les hommes s’inscrivent sans faille dans un territoire connu mais sans cesse à découvrir comme leurs larges paysages intérieurs.
Le festival de cette année parcourt Paris et ses théâtres dont les salles se parent de nouvelles sensations à chaque spectacle, se répondent de corps en corps, de mouvements en mouvements. Cette année, Faits d’hiver accueille une sorte d’écho agrandi de la chorégraphie, une large respiration qui mène d’univers en univers, en pays justement bien marqués comme des caractères bien trempés. Du plus immatériel, tel celui de Gabriel Hernández qui ne se lit qu’au travers de "flashcodes" disséminés dans le programme, au plus franchement national comme les solos de Julie Bougard, témoins d’une certaine belgitude wallonienne. Du plus lointain avec ces deux chorégraphes australiens à découvrir, Sandra Parker et Matthew Day, au plus tragique, je pense à la création de Progénitures de Tal Beit Halachmi qui s’empare et se fait envahir de l’écriture de Pierre Guyotat.
Apparaissent aussi les figures masculines des cinq Garçons Sauvages de Camille Ollagnier qui reproduisent la disposition en archipel de cette édition 2013, cinq solos pour un périple en hommes. Lui répond le duo décalé, drôle, en chanson, musique et danse de Mark Tompkins, à la recherche des formes anciennes du music-hall américain, AragoRn Boulanger lui faisant signe avec son interprétation surprenante du Lac, traversée de hip-hop.
Surgit alors Prue Lang et son interrogation écologique marquée de sa culture australienne (tiens !), déboulent Pieter Ampe et Guilherme Garrido pour un tac au tac gestuel explosif, jouissif. Enfin, Tatiana Julien sous le haut patronage poétique d’Yves Bonnefoy dépose au cœur de la scène un trio de femmes habitées.
Ici, dans la ville monde, loin, au cœur de ses habitants, règne le plus utile ailleurs, la danse, l’art de l’échappée, de l’esquive et du détour, des sensations avivées et du sens murmuré.
Christophe Martin














