« Danseur, chorégraphe et tchadien » voilà comment se définit Yaya Sarria.
Habitué à parcourir le monde (Pays-Bas, Tunisie, Suisse, Sénégal, USA font partie des nombreux pays où il s’est produit), curieux des expériences chorégraphiques venues d’ailleurs, butô ou hip-hop, ce qui fait la richesse de sa danse, ce sont ses origines.
Motivé à donner une image vivante et créative de son pays, loin d’un terne cliché géo-politique, Yaya Sarria prouve qu’il existe une danse contemporaine tchadienne.
Son solo est le manifeste de son identité. YADOU veut dire « la marche ou la démarche » en fulfulde, la langue des Peuls du Sahel dont sa mère est originaire. Ses parents, nomades, l’ont laissé à N’Djamena, capitale du Tchad, et ont repris la route. Parti à leur recherche, du Congo à la Mauritanie, il n’a pas eu la chance de les retrouver. YADOU, c’est à la fois la quête de ses origines, l’empreinte et l’absence de celles-ci.
C’est aussi l’histoire d’une errance. La sienne, celle de ses parents, celle d’un peuple. Il y a dans leurs marches, dans la marche, le terreau de toutes les danses, et pour Yaya Sarria, une démarche artistique en forme de réponse à ses questions intérieures.

Yaya Sarria débute par une formation en danse traditionnelle au Ballet National du Tchad
à l’âge de 15 ans. C’est auprès de la compagnie Jeunes Tréteaux de Hyacinthe Tobio qu’il
découvre la danse contemporaine. Il perfectionne sa technique au sein de formations et
résidences de création (centres de danse contemporaine de Tunis, Ouagadougou, Dakar…) jusqu’à devenir chorégraphe et formateur. En 2011, il initie un projet de collaboration entre le Tchad et les Etats-Unis au côté de Neta Pulvermarcher qui donne lieu à une création jouée aux Etats-Unis en juillet 2012 lors du festival Swamp Dance. Les pièces Défunts et Yadou sont le résultat de cette expérience.