Des mots emprunts d’une poésie subtile se sont entremêlés pour donner son titre à cette pièce. Nous pénétrons de plain pied dans l’antre créatif de Nans Martin : une écriture des corps vissée à l’aune de ses effacements et de ses flottements, de ses fragilités et de ses contrastes les plus éblouissants. L’espace est habité par ces corps si présents dont le mouvement fuyant traduit une aptitude à s’extraire pour revenir tout aussi promptement, à la manière des photographies de Gerhard Richter. Nans Martin aborde une fois de plus et différemment les notions de plasticité et de physicalité. Les danseurs sont convoqués au plateau pour une expérimentation directe avec la matière dansée. Ces passerelles souples tissées entre les interprètes pour traverser l’espace, convoquent à une forme de consolation de l’absence que le chorégraphe explore. Il façonne la matière ciselée de cette proposition chorégraphique à la lumière d’une thématique existentielle : oubli, souvenir, réminiscence, disparition.

Nans Martin est né à Grasse en 1984. Il commence à danser très jeune et sait rapidement qu’il veut en faire son métier. En 2005 il sort diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris en danse classique et en danse contemporaine. Après une formation pré-professionnelle (DANCE) dirigée par William Forsythe, Angelin Preljocaj, Frédéric Flamand et Wayne Mac Gregor, il s’installe au Caire pour travailler à l’Opera House comme assistant chorégraphe et enseigne ensuite en Inde aux danseurs de l’Attakkalari Dance Centre for Movements Arts de Bangalore. Après la création d’une Plateforme Artistique de Recherche Chorégraphique qui donnera lieu à une pièce collective en 2012 (Echoes) il crée sa propre compagnie les laboratoires animés. En janvier 2014 il signe seul sa première pièce, muô et obtient le Prix Incandescences Beaumarchais-SACD pour cette création. En 2015 il se consacre à une série de laboratoires qui donnent lieu à la création parcelles au Festival Faits d’Hiver à Paris..